CAYENNE ST LOUIS ILES SELON BOUYER (2) - CopieRappelons qu'il y avait peu de bagnards en court de peine à Cayenne et que la plupart étaient sélectionnés en fonction de leur apparente absence de dangerosité (pour éviter des tensions avec une population qui les rejetait déjà massivement) ainsi que pour limiter les possibilités d'évasion, possibles pour qui avait un capital suffisant assorti de complicités extérieures, leur permettant de rejoindre une "tapouye" brésilienne qui les aurait attendus au large. L'évasion en canot était des plus difficiles:  les alentours envasés à l'extrême, barre redoutable au niveau du phare de l'Enfant Perdu, et les alizés comme les courants marins étaient contraires.

Toutefois, avec l'aide de pêcheurs qui se faisaient payer fort cher et qui ne dédaignaient pas, souvent, de trahir leurs clients, ils furent un certain nombre à tenter l'évasion. Paradoxalement, les plus nombreux étaient des libérés astreints au doublage dont la condition très difficile (absence de travail convenablement rémunéré, entourage hostile, nostalgie du pays natal et des proches et vif sentiment d'injustice: ils considéraient avoir largement payé leur dette à la société et ne supportaient pas l'assignation en Guyane)

Une difficulté majeure consistait à trouver un intermédiaire fiable qui, moyennant commission, mettait en rapport les candidats à la "belle", associés après avoir fait pot commun en fonction de leurs moyens aux pêcheurs qui acceptaient de les convoyer au moins jusqu'au Cap d'Orange  (le début du territoire brésilien, sur la rive est de l'estuaire de l'Oyapock).

arton759Pour savoir comment se passaient de telles négociations, donnons la parole à Dieudonné (propos recueillis par Albert Londres qui en fit un livre: "l'homme qui s'évada")

Je regardais la mer.

A ce moment, le commandant Michel...
 - Le gouverneur des îles ?
 - Il a quitté la Pénitentiaire. Il était écœuré. Il est civil maintenant... passa près de moi.
 - Eh bien ! Dieudonné, vous regardez la mer ?
 - Oui, commandant
 - Ne faites  pas  de bêtises, ça vaudra mieux pour vous.

Il continua son chemin.

Je regardais toujours la mer, et, derrière le phare de l'Enfant-Perdu, je voyais déjà s'élever la « Belle ».

 - Comme c'est curieux, fit "Dieudonné de re­vivre tout ça, maintenant !

/...

CaptureLe  lendemain à la nuit, si vous aviez été toujours à Cayenne, vous auriez pu voir un forçat se diriger du côté du canal Laussat... C'était moi. Cet endroit n'a pas changé.  Il est encore le repaire de la capitale  du  crime *.  Je n'y  allais jamais. Peut être la  police aurait-elle compris  si  elle  m'avait vu là.

* Cela n'a guère changé. Il y a trente ans, pénétrer dans le quartier de "la Crique", lieu de tous les trafics, était éminemment dangereux. La situation s'est à peine améliorée avec une ébauche de rénovation urbaine. (note de l'auteur)

Je regardai. Personne ne me suivait. Je traversai le pont en bois pourri. J'étais dans l'antre.
Je me rendais chez un Chinois. On me l'avait signalé comme un bon intermédiaire. Sa cahute était un bouge. On y jouait, on y fumait, on aimait. Moi, je venais pour m'évader.

Je pousse la porte. Aussitôt, un chien jappe, les quinquets à huile s'éteignent, des ombres disparaissent. Une jeune Chinoise, ma foi assez jolie, s'avance vers moi. Je dis le mot de passe. La fille appelle le patron. Les quinquets se rallument, les timbres reviennent, le jeu reprend. Et une espèce de drôle de petit magot apparaît :  c'était mon homme.

- Je viens pour la « Belle », lui dis-je. Il m'entraîne dans une chambre qui servait à tout.  Il y avait un fourneau, une volière, un étau, un lit pour l'amour. La Chinoise nous avait suivis.  Il ferme la porte soigneusement. Etonné, je regarde la femme, me demandant ce qu'elle vient faire entre nous deux. Le Chinois comprend, sourit et pose un doigt sur ses lèvres pour me faire savoir que la fille est discrète. Elle sort et rapporte le thé. Est-il au datura** ?
- Qu'est-ce que le datura ?
- Vous savez bien, la plante dont on se sert en Guyane  pour les vengeances, le mauvais café, quoi! Alors, je retourne mes poches tout de suite: "Inutile, je n'ai pas d'argent sur moi!" Le  magot sourit, la jolie petite guenon aussi, et tous les deux, ils me disent:  "Datura, pas pour toi"
Le  thé est bon. Au reflet du quinquet, la Chinise apparaît coquine. Elle me lance des regards de femelle. Il s'agit bien de cela!
- Combien, patron, pour aller jusqu'à l'Oyapock?
- Trois mille, plus deux cents pour les vivres, plus cent francs pour moi. Six passagers au maximum.
- Le pêcheur est-il sûr?
- J'en réponds.
- Un Blanc?
- Un Noir. Son nom est Acoupa. Si tu acceptes, il sera ici, demain à la première heure.
- A demain!
La Chinoise veut me retenir. Ma pensée est ailleurs. Je sors. Le sentier où je tombe est vaseux. J'avance en écrasant des crapauds-buffles


** Dieudonné semble, là, victime des fantasmes locaux. On parlait beaucoup plus d'empoisonnement en Guyane qu'on ne pratiquait la chose - et cela n'a guère changé.

MES COMPAGNONS D'EVASION


Vous vous souvenez que mon ami Marcheras vous a dit, à l'île Royale :  "L'évasion est une science". C'est vrai. Mais c'est une science où le hasard et l'inconnu commandent.

Le plus grand des hasards  est de réunir les compagnons de la tragique aventure. Au bagne, on ne choisit pas ses amis, on les subit. Impossible de s'évader avec des hommes de son choix. Êtes-vous à Cayenne ? Vos camarades sont aux îles, sur le Maroni. Il faut se contenter de ce que l'on trouve, éliminer les gredins, chercher ceux qui  ont   de   l'argent,   prendre   les   marins   qui connaissent le chemin du Brésil ou du Venezuela, se méfier des mouchards. Ce ne sont pas les gardiens qui gardent les forçats au bagne, ce sont les forçats qui se gardent mutuellement ! Le jour suivant, je constituai ma troupe.
A midi, nous étions six pour la "Belle".

Le premier, on l'appelait Menceil, une "mouche-sans-raison"***  lui ayant fait perdre  un œil.  Cinquante-six   ans   d'âge   et   vingt-neuf   de   bagne. Condamné à dix ans, mais  dix-neuf de plus au livret pour évasions. C'était un paysan, un laborieux, attaché à sa famille ! Solide encore. Il avait sept cents francs.


*** Nom donné aux guêpes, en Guyane, qui sont particulièrement agressives.

Le deuxième   était  Deverrer :   vingt-cinq   ans d'âge. A  perpétuité. Cinq ans accomplis. C'était Menoeil qui l'emmenait. Je ne savais rien de plus sur lui. Cinq cents francs.


Le troisième était Venet : vingt-huit ans. Perpétuité, Sept ans de bagne. Pauvre Venet! quel que soit son crime, il l'a expié ! Je le revois encore. C'est une vision épouvantable, mais ce n'est pas l'heure encore de vous raconter la chose. Intelligent, poli, bien élevé, instruit, parlant l'allemand. Comptable à l'hôpital. Protégé par le clergé. Manquait d'endurance physique. Onze cents francs.

Le quatrième était Brinot : trente-cinq ans. Perpétuité. Six ans de bagne. Préparateur à la pharmacie. Boucher de profession, pouvant à la rigueur faire six parts égales dans un singe. Bon camarade. Neuf cents francs.

Jean-Marie   était  le  cinquième :   vingt-six  ans. Perpétuité. Huit ans de peine. Il devait sa condamnation à une tragédie bretonne. Sa fiancée s'empoisonne. On l'accuse du crime. Il n'y est pour rien. On l'arrête. En prison, son gardien le martyrise. Dix fois par jour, il le frappe de ses clefs, en lui répétant : "Tu l'as empoisonnée, ta fiancée, hein ?" Jean-Marie est le plus fort. Au bout de vingt jours, la colère le pousse. Il tue le gardien. Avant de mourir, le gardien lui demande pardon.
Quel drame! Aux îles, j'avais connu Jean-Marie, je  lui avais appris le métier d'ébéniste. Un forçat qui  apprend  volontairement  un   métier  est un homme qui n'est pas pourri. Travailleur. Bonnes moeurs. Ne buvait pas. Ne se serait jamais évadé sans moi. Ah! le malheureux aussi! Neuf cents francs.

/...

- Le soir, à la nuit, je retournai canal Laussat. Je frôlai Ullmo qui, sortant de son travail, rentrait lui, les yeux comme toujours fixés à terre. Quelle expiation ! Si ses anciens camarades de la marine pouvaient le voir !
Et me voici devant le bouge du Chinois. Je fonce dans la porte comme si j'étais poursuivi. Cette fois, les joueurs n'eurent pas le temps de disparaître, mais ils empoignèrent l'argent qui était sur la table, et l'un qui n'avait pas  de poche —, il était nu —, mit la monnaie dans la bouche.
Le Chinois me conduisit dans la pièce à tout faire. Un Noir, assis sur le lit, fumait la pipe. C'était le sauveur.
- Eh bien ! me dit-il, la pêche va mal. J'ai une femme et deux enfants ; alors, pour remonter mes affaires, je vais entreprendre les évasions.
Il ajouta :
-  C'est moi Acoupa.
- Comment est-elle votre pirogue ?
Jamais  je  n'ai entendu prononcer ce mot de pirogue comme par Dieudonné. Il roule l'o et y superpose  les   accents  circonflexes.   On   dirait,  quand il pense  à  l'embarcation,  que la  longue  houle et le son rauque des mers de Guyane lui sont restés dans la gorge.
-  Elle est sûre, répond Acoupa.
Le Noir avait quarante ans. Il était solide. Il péchait depuis dix ans sur la côte. A première vue, il ne paraissait pas être une fripouille. Trois mille, plus deux cents, plus cent, lui dis-je. Il répondit : « Pas plus ! » On se toucha la main. C'était conclu.
Je sortis avec lui.
- Quel jour ? me demanda-t-il.
- Après-demain, le 6.
- Le rendez-vous ?
- Cinq heures du soir, à la pointe de la Crique Fouillée.
- Entendu !

DEPART

- Un par un,  chacun  de  son  côté,   moi en pékin, mes scies sur l'épaule, les cinq autres en forçats, numéro sur le cœur, nous voilà le 6 décembre - tenez, cela, pour moi, c'est une date —, quittant Cayenne, le cœur battant.
Et l'œil perçant.
Je n'ai pas vu, à ce moment, mes compagnons, mais je me suis vu. Ils ont dû partir dans la rue, comme ça, sans un autre air que leur air de tous jours. S'ils apercevaient un surveillant, ils faisaient demi-tour et marchaient, en bons transportés, du côté du camp.
Je croisais des forçats ; ils me semblaient subitement plus malheureux que jamais. J'avais pour eux la pitié d'un homme bien portant pour les malades qu'il laisse à l'hôpital. L'un que je connnaissais me demanda: "Ça va?" Sans m'arrêter, je lui répondis : "Faut bien !". Je rencontrai aussi  Me Darnal, l'avocat. "Eh bien! Dieudonnné, quand venez-vous travailler chez moi ?"
J'avais une rude envie de lui répondre :  "Vous voulez rire, aujourd'hui, monsieur Darnal !" Je lui dis : "Bientôt !"
Je tombai également sur un surveillant-chef, un Corse. On n'échangea pas de propos.
Je me retournai tout de même pour le voir s'éloigner. Je ne tenais pas à conserver dans l'oeil la silhouette de l'administration pénitentiaire; c'était, au contraire, dans l'espoir de contempler la chose pour la dernière fois. Je me retins pour ne pas lui crier: "Adieu".
J'atteignis le bout de Cayenne. La brousse était devant moi. Un dernier regard à l'horizon. Je disparus  dans la végétation.

dsc_0531Il s'agissait, maintenant, d'éviter les chasseurs d'hommes. En France, il y a du lièvre, du faisan, du chevreuil. En Guyane, on trouve de l'homme. Et la chasse est ouverte toute l'année !  J'aurais été un bon coup  de  fusil, sans me vanter.  La "Tentiaire"  aurait  doublé la prime. Fuyons la piste. Et, comme un tapir, je m'avançai en pleine forêt. Au bout d'une heure, je m'arrêtai. J'avais entendu un froissement de feuilles pas très loin. Etait-ce une bête ? un chasseur? un forçat?
Je m'aplatis sur l'humus. La tête relevée, je regardai. C'était Jean-Marie, le  Breton. Je  l'appelai. Ah ! qu'il eut peur ! Mais il me vit. En silence, tous deux, nous marchâmes encore une heure et demie, le  dos presque tout le temps  courbé.  Et  nous vîmes la Crique Fouillée. Brinot, Menceil, Venet étaient là. On se blottit. Il ne manquait que Deverrer.
- S'il ne vient pas, dit Brinot, on aura cinq cents francs de moins, tout est perdu.
- J'ai de quoi combler le vide, dis-je. Et l'on resta sans parler. Chaque fois qu'une pirogue passait, nous rentrions dans la brousse, puis nous en
ressortions quand elle était au loin.
Deverrer arriva, les pieds en sang.
Cinq heures.
Cinq heures et demie : "Tu vois Acoupa, toi ?" Six heures : "Ah ! le sale nègre ! S'il nous laisse là, les chasseurs d'hommes vont nous découvrir." Rien non plus à six heures et demie. "Pourvu qu'il ne nous ait pas vendus ? Ou le Chinois, peut-être ?"
Nous sommes accroupis dans la vase, le cœur envasé aussi. La crique devient obscure. Une pirogue se dessine sur la mer. Elle avance lentement, quoique nos désirs la   tirent...  très lentement,  prudemment, je me dresse. Je  fais un signe. J'ai reconnu Acoupa.
La pirogue se hâte, elle est suivie d'une autre, une autre plus petite. Le Chinois la monte !
Je puis dire que sur le moment, nous  nous mîmes à les adorer, ces deux hommes-là! Ceux  qui ont  des souliers se  déchaussent, et nous embarquons. Le Chinois saute dans la pirogue avec nous. Il allume  sa   lanterne.   Maintenant, avant  tout, il faut le payer. Nous  sortons chacun nos cinq cents Francs. Brinot, qui n'avait rien préparé, est obligé de les retirer de son plan (porte-monnaie intime en forme de cylindre et en fer-blanc). Chacun compte et recompte. Il y a de menus billets, c'est long! Quand ils ont recompté, ils recomptent une troisième fois! Vous pensez, il  y  a des hommes comme Deverrer qui ont vendu la moitié de leur pain pendant deux ans pour rassembler la somme! C'est leur vie, ces cinq cents francs.

fgOn y arrive tout de même  petit à petit. Cinq cents francs, puis mille, puis mille cinq cents, puis deux mille. Moi, j'ai bazardé mes coffrets,  tous les souvenirs que je voulais rapporter aux bienfaiteurs. C'est dur aussi, de se séparer de cet argent-là! Enfin, je le donne. Menceil fut le dernier. Il ne trouvait pas le compte, il s'égarait au milieu de ses billets de cent sous.  "Ça me fait mal à l'estomac, disait-il, de les revoir." Il les avait échangés, lui aussi, contre son pain. Enfin, les trois mille francs sont réunis!
Le Chinois les prend. Il s'approche de sa lanterne. Et voilà qu'il commence à compter et à vérifier les billets, et cela avec un tel soin que l'on aurait dît qu'il cherchait sur chacun  la signature de l'artiste auteur de la vignette. Il n'en passa pas un. Cela dura une demi-heure.
Après, le Chinois les donna au nègre. Le nègre s'attacha la lanterne au cou et se mit à compter et à vérifier.
I1 n'alla pas plus vite que son compère ! Après, il les redonna au Chinois, qui se remit à les  recompter et à les revérifier. Enfin,  ce  fut fini ; le Chinois les glissa dans sa ceinture.
Il souffla sa lanterne, regagna son embarcation et, silencieux, dans la nuit chaude, emportant l'argent du pêcheur, il rama vers son bouge.
- En route, dit Acoupa.
Et il enleva la pirogue.
Elle a sept mètres de long et un mètre de large. Nous sommes sept dedans. Il fait noir. Nous longeons la forêt vierge. Soudain, comme sur un ordre, les moustiques nous attaquent furieuse­ment.
 Deverrer, qui est jeune, geint sous la souffrance. "Silence, ordonne Menceil. Ce n'est pas la peine d'avoir échappé aux chasseurs d'hommes pour les attirer maintenant à cause de deux ou trois mous­tiques ! "
 Le jeune se tait. Et alors commence le supplice, qui durera jusqu'à l'aube. On se caresse sans arrêt la figure, le cou, les pieds, les chevilles de haut en bas, de bas en haut, dans un continuel mouvement de va-et-vient. Et à pleines mains on les écrase. Ils sont des millions contre vous, vous entendez, oui, des millions ! J'en ai écrasé pendant neuf heures de suite, contre ma peau, pour mon compte !

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Quelques observations. Dieudonné et ses compagnons eurent la chance de tomber sur des complices "honnêtes". Il est toutefois probable que près du lieu de la transaction, des observateurs veillaient, prêts à intervenir dans l'hypothèse où les évadés tenteraient un coup de force... Comme il était fréquent que l'on attendît qu'ils eussent payé pour les faire prisonnier voire, plus fréquemment, pour les abattre : l'administration pénitentiaire récompensait les chasseurs d'hommes qui touchaient peu ou prou la même prime s'ils ramenaient des prisonniers, des cadavres ou, pour se simplifier l'existence, juste leur tête et leur matricule s'ils étaient revêtus de leur tenue de forçat.

Il est évident que l'intermédiaire asiatique ne se contentait pas de sa modeste commission de cent francs. Le pêcheur Acoupa*lui doit certainement une forte redevance - assurance pour lui de se voir proposer de futurs "clients".  Les Chinois de Guyane pratiquaient également beaucoup l'usure... Une telle opération permettait peut être à un modeste pêcheur de se débarrasser d'une lourde dette.

* Un pseudonyme, de toute évidence. C'est le nom d'un poisson très apprécié en Guyane.

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Acoupa

Le prix de l'évasion: cinq cents francs par passager correspondait peu ou prou à deux mois de salaire d'un ouvrier très qualifié. Si Dieudonné, forçat "libre" qui travaillait pour son propre compte - et qui en outre, à la fois comme ébéniste et du fait se sa renommée qui conférait une valeur à la signature de ses oeuvres - pouvait à la rigueur thésauriser cette somme en quelques mois, il n'en était pas de même de ses compagnons en cours de peine qui avaient interdiction absolue de posséder du numéraire en leur compte propre (il s'exposaient à la confiscation assortie d'une sanction disciplinaire). On mesure dans ces conditions la somme de souffrances (la vente quotidienne d'une demi ration de pain déjà insuffisante)  et de volonté qu'il leur fallut déployer pour atteindre ce capital.

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                                          L'océan à Cayenne

 

fusains attribués dieudonnéFusains attribués à Dieudonné

 

A suivre : S'évader (3) De Cayenne au Brésil - Le drame.   (lien)

Source: l'homme qui s'évada (Albert Londres). L'ouvrage est désormais libre de droits.